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C'est au First Floor, rue de Saintonge, dans le 3ème arrondissement de Paris, qu'Erotokritos Antoniadis nous a sympathiquement accordé une entrevue au sein du pop-up store "Paris-Nicosie", un cadre intimiste et cosy installé à cette adresse jusqu'au 14 aout prochain, où se mêleront expériences shopping et culinaire. L'occasion pour le créateur chypriote de nous livrer sa conception de l'art, et sa vision d'un humanisme au métissage franco-hellène.
Antoniadis, qu'avez-vous trouvé de plus séduisant dans ce concept du First Floor ? C'est surtout l'idée d'investir un endroit confidentiel, lumineux, en préparant à manger devant les gens. Ici, nous désirons recevoir nos hôtes comme s'il s'agissait de nos amis, tout en mettant en avant des produits design et mode. Bien entendu, ce quartier est l'assurance d'attirer des gens intéressées par l'esthétique, la mode et la culture. Et enfin, cette saison est totalement en phase avec la représentation de la gastronomie chryprio-grecque, avec ses produits frais, de saison.
Est-il saugrenu d'associer gastronomie et mode ? Pour moi, le mode et la nourriture sont naturellement indissociables. Ces deux domaines ont la même nécessité de produits locaux, de saison. Tout comme la "couture" de qualité doit s'appuyer sur une culture artisanale, façonnée à la main, produite en petite quantité, la bonne cuisine doit s'appuyer sur des produits locaux, et les vertus du terroir.

Quel point commun alors entre la Grêce et Paris ? Justement, je vois beaucoup de point commun entre la Grèce, Chypre, et la France. Avec la globalisation, la mondialisation, tous les endroits se ressemblent et convergent. Aujourd'hui, un habitant de Paris ou de Nicosie aura les mêmes goûts culinaires et vestimentaires. Ce qui change, c'est la façon de vivre au niveau des transports, ou les architectures. Chypre est évidemment un endroit plus rural, où les gens marchent moins, et utilisent énormément la voiture pour se déplacer. L'environnement urbain est plus contraignant, nécessite la prise de transports en commun, et de marcher davantage. Du coup, pour moi, les deux endroits sont absolument indispensables et complémentaires. Je ne pourrai jamais vivre à Paris sans avoir Nicosie, ou inversement ne vivre qu'à Nicosie sans pouvoir me ressourcer sur Paris. Et mon inspiration est une synthèse de ces univers là.
Aujourd'hui, vous sentez vous plus "couturier" pour hommes, ou versé vers la mode féminine ? La collection Homme reste une petite collection capsule, alors que ma ligne Femme est beaucoup plus importante en terme quantitatif, et de choix. Mais à l'avenir, la collection Femme va être réduite au niveau des modèles, puisque je désire davantage me consacrer à l'essentiel même de la marque Erotokritos, à savoir des pièces recherchées, travaillées, et originales, sans pour autant digrésser inutilement sur les mêmes modèles, et reproduire des pièces semblables.
Il y a quelques années, vous aviez pris parti de ne plus faire de défilés. Quant est il ? On fait des défilés, mais il ne s'agit pas de défilés conventionnels. Nous faisons des défilés davantage assimilables à des présentations, mais représentent le même travail. Nous faisons le même travail de sélection de casting, comme par exemple pour notre dernière représentation, où une quinzaine de filles ont été castées. Puis, chaque vêtement est représenté, mis en situation, et scénarisé par un évènement de la vie quotidienne. Par exemple, nous avions pour notre dernière filmographie un vêtement représenté par "Je cherche à me garer rue charlot", ou un autre intitulé "Je suis la plus belle à la sortie de la crèche". Il y a donc la recherche d'une scénarisation, ainsi qu'un côté ludique, mais le travail est le même que pour un défilé, que nous avons filmé, monté, puis projeté sur écran géant pour la presse.
Dans Erotokritos, il y a "Eros", Dieu grec l'Amour et de la puissance créatrice... Peut on parler d'une forme d'amour dans votre travail ? Création et amour sont indissociables, car on ne peut créer sans amour pour son métier, ou pour ceux auxquels s'adresse les créations. Et dans la mode, de façon générale, il est très important d'avoir de l'amour...

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